GEODESIS, l’interview

GEODESIS x trinity mode & maison

« Raviver un souvenir, stimuler notre imagination… Le parfum possède le pouvoir unique de nous transporter.

Grand voyageur, amoureux de la nature et inspiré par l’idée originale du voyage olfactif, Norbert Hiblot crée Geodesis avec son épouse en 1996. Chaque parfum évoque un végétal, fleur, fruit, arbre, plante, associé à une région de notre planète.

En 2017, leur fille aînée Mathilde les rejoint dans l’aventure entrepreneuriale.

Le choix de matières premières de qualité et le soin apporté dans la création de nos produits nous ont permis de vivre cette aventure avec vous depuis 25 ans. » – Geodesis

Aujourd’hui, nous accueillons Mathilde Hiblot Poupard pour répondre à nos questions !

GEODESIS x Mathilde Hiblot Poupard x trinity mode & maison, L’INTERVIEW :

 

trinity - Racontez-nous l'histoire de Geodesis... Quand est-elle née ?

Mathilde Hiblot Poupard – Geodesis est née en 96, cette entreprise a été créée par mon papa qui a beaucoup voyagé. Photographe de formation, il était très attaché à cette idée du souvenir qu’on ramène du voyage. Il a trouvé dans les parfums une possibilité de traduire cette idée. Il a lui même sa madeleine qui est l’immortelle, une petite fleur qu’on trouve dans les dunes à côté de chez nous vers Quiberon mais qu’on trouve énormément aussi en Corse.

Pourquoi avoir choisi le nom Geodesis ?

Ça vient de la géodésie, c’est une technique cartographique qui est l’ancêtre de la géographie. C’est comme ça qu’on appelait la discipline avant et c’est donc ça qui a inspiré le nom.

Qu'est-ce qui a inspiré votre père à se tourner vers l'univers des parfums d'ambiance ?

Quand il était petit, tous les étés il allait en Corse avec ses parents et il ramenait les petites fleurs dans une boîte et il les sentait tout l’hiver, ça lui rappelait ses vacances. C’est comme ça qu’il a eu l’idée de Geodesis et d’associer un parfum à une destination. Depuis la création de cette marque, les parfums sont associés à des lieux dans le monde. Parfois des régions très précises, parfois des choses plus vagues comme par exemple l’ambre gris qui est une matière rejetée par le cachalot (à l’origine), c’est aujourd’hui de la création olfactive, mais c’est pour dire que le cachalot n’est pas “une région très précise”, c’est plus rattaché à l’océan. C’est vraiment l’idée de sentir quelque chose qui nous rappellera un moment. C’est pour ça que le choix était fait dès le début de travailler des parfums qui sont très simples dans leurs perceptions, très délicats, c’est-à-dire des soliflores, ils n’ont qu’une seule odeur qui rappelle des matières premières brutes ou on va avoir l’impression de vraiment sentir le végétal, l’écorce ou le poivre et pas une composition avec des mélanges, vraiment quelque chose de brute. 

Quels sont vos différents engagements envers vos produits ?

Il y a déjà la base de la base : le respect des engagements réglementaires illégaux. Notamment en matière d’étiquetage, je le précise car aujourd’hui il y a énormément de petites marques qui se créaient de manière très artisanale et on a vu beaucoup de choses sur lesquelles la base de la réglementation n’est pas respectée en matière d’étiquetage par exemple. Nous, c’est le minimum des engagements qu’on prend, c’est de faire notre travail au moins dans le respect de la légalité, c’est la base. Ensuite il y a vraiment l’engagement de la qualité, on fabrique toutes les bougies nous-mêmes. Concernant les produits alcoolisés, on ne les fabrique pas car le savoir-faire se fait au niveau de la formulation, il faut savoir quoi mettre dedans etc. Le fabriquer soi-même n’est pas forcément nécessaire car ça demande des infrastructures en termes notamment d’incendies qui sont très importantes, ça n’a donc pas spécialement d’intérêt. Donc on fait les formules de tous nos produits, nous fabriquons les bougies ici à Vannes, on a une machine, mais c’est aussi partiellement fait à la main. Chaque produit passe entre les mains pour vérifier qu’il est fait correctement. On contrôle tout ce que l’on fait, pour s’assurer que tout est en ordre. Dans le travail de recherche de matières premières, on fait énormément d’essais pour trouver la formule de bougie qui fera que le parfum est bien diffusé. C’est vraiment le savoir-faire que mon père a développé dans la formulation qui fait que ça brûle bien. En bref, c’est les engagements de qualité, de fournisseur, de savoir-faire pour vraiment proposer un produit qui est de super bonne qualité et qui va satisfaire le consommateur.

Comment avez-vous réussi à vous démarquer dans cette grande industrie ?

Pendant 20 ans, il n’y avait pas les réseaux sociaux, ni la communication, pas de site internet… C’est que depuis récemment qu’on communique sur cette qualité. Mais pendant deux décennies, l’entreprise a très bien fonctionné, juste parce que les personnes étaient satisfaites de la qualité, il n’y avait pas besoin de la mettre en avant pour que ça fonctionne. Je dirais qu’on s’est démarqué car on ne fait pas de promesse, les personnes essaient et elles sont convaincues. Nos produits sont assez sobres dans le design, et je pense qu’il y a vraiment eu cet effet de réclamation de la clientèle qui est habituée à nos produits de dire “Nous ce qu’on connaît avec Geodesis, on ne le retrouve pas ailleurs”. On a à la fois un concept qui est séduisant et à la fois des produits de super qualité, en plus d’un réseau qui se dit “Une fois que j’ai ça dans mon magasin, rien ne peut le remplacer”. Après, on a su évoluer au fil des années en proposant très régulièrement de nouveaux contenants, de nouveaux designs, comme par exemple depuis plusieurs années, on fait les éditions limitées en fin d’année pour avoir un verre un peu plus déco. On veut répondre à des envies différentes aux niveaux design et prix. Au fil des années, mes parents ont toujours su s’adapter en proposant des choses différentes et c’est surtout la qualité et la reconnaissance de cette qualité qui ont fait qu’on est restés. Après, il y a plein de personnes qui arrivent avec des concepts très sympas et pour certains très jolis, mais au final les parfums ne sont pas extraordinaires, la bougie ne brûle pas bien… Pour se faire une place sur le marché, il faut vraiment avoir la qualité derrière. Souvent, on nous a reproché d’avoir un packaging sobre, mais c’est aussi ça qui a permis à la marque de durer. Nous, on a pu traverser les époques, depuis 25 ans, parce que le packaging avait un côté intemporel et le concept est reposé sur quelque chose de durable

Combien de senteurs ont été créés chez Geodesis ?

Oh là là, en tout ! Je ne peux pas vous dire… On en a un bon nombre qui a disparu au fil des années. Aujourd’hui, on en a 26, et parmi ces 26, on en a certains qui ont été créés au début et qu’on a arrêté, puis qu’on a remis… Donc je dirais une quarantaine à peu près. Même une cinquantaine, car à un moment, il y a eu la gamme campagne, il y a eu plein de choses, du cassis, la mangue, le lotus… Plutôt 50, je pense, oui, c’est beaucoup.

Comment choisissez-vous les différents pays en fonction des parfums ?

On ne choisit pas en priorité un pays, on choisit un parfum, donc parfois le rapprochement est assez évident, parfois, c’est un choix, car il y a des matières qu’on trouve à plusieurs endroits sur la planète. Par exemple le figuier, il est rattaché à la Grèce, mais d’un autre côté, en France aussi il y a beaucoup de figuiers. On a essayé de chercher le pays d’origine du parfum. Par exemple le thé noir, il va être rattaché à la Chine. Sakura pour le coup, c’est plus évident, c’est le cerisier japonais, il n’y avait pas trop de questions. Ça a été relativement évident pour tous les parfums de choisir “Au tout départ, ou est-ce qu’on le trouve ?”. On a toujours travaillé, je suis là que depuis 10 ans, mais je pense que ça s’est fait comme ça au début, le fait de chercher vraiment des matières premières, même s’il y avait une volonté de partir partout dans le monde. L’objectif était d’avoir des parfums variés, évocateurs et originaux.

En parlant de tour du monde, est-ce dans vos projets ?

Le tour du monde c’est plus une idée de départ, c’est le concept de la marque qui a donné naissance à Geodesis. Après mes parents ont beaucoup voyagé, moi aussi un petit peu, mais j’ai un bébé d’un an et demi donc le tour du monde n’est pas vraiment au programme pour l’instant. Aujourd’hui, on part vers de nouveaux horizons, Geodesis change de mains… Le tour du monde n’est donc pas prévu pour moi.

On appelle les produits Geodesis par leur destination ou leur parfum ?

On les appelle bien pars le parfum, effectivement beaucoup de personnes relient le parfum à la destination. Bien sûr, on peut lier aux deux, mais en tout cas nous, on fait référence au parfum ! Ne serait-ce parce qu’on peut avoir deux parfums liés à la même destination. On a actuellement deux parfums liés à l’Indonésie donc non, on fait plutôt référence au parfum.

Si vous devriez choisir un parfum de toute votre collection, quel serait l'élu ?

Alors, mon parfum préféré, c’est dur de répondre… C’est compliqué de n’en choisir qu’un je trouve. Je vais quand même vous dire l’ambre. C’est un parfum classique, mais il a ce côté sucré que j’adore. C’est celui que j’utilise le plus. Dans la collection classique mes deux préférés, c’est ambre et néroli. Si je peux en choisir deux dans la collection nature, j’adore le poivre long et la vanille. Notre vanille est très florale, elle est gourmande mais en même temps très douce et légère. J’adore ce parfum. C’est terrible de choisir un parfum, quand je veux en prendre un pour chez moi, je ne sais même pas quoi choisir. Mais c’est vrai que l’ambre, c’est l’odeur que j’identifie à chez moi. Beaucoup de personnes dans mon entourage consomment des produits Geodesis donc il y a des parfums que j’associe aux maisons d’autres personnes.

Nous avons un distributeur en Ukraine et il y a quelques jours nous avons été en contact avec lui pour demander de ses nouvelles, et il nous a expliqué qu’il y avait beaucoup de personnes qui avaient dû quitter leur maison et le fait de racheter des parfums d’intérieur ça les aidait parce qu’ils rachetaient le parfum de leur maison et c’était une manière pour eux aussi de reconstruire un nouvel endroit dans une nouvelle maison… J’ai trouvé ça super touchant, et finalement, c’est vrai, grâce à un parfum, on peut se sentir chez nous ailleurs et je trouve ça super courageux et beau.

Bouquet parfumé, bougie ou vaporisateur ?

On est plutôt bougie, car c’est le coeur de l’entreprise, le savoir-faire qui a été développé et puis c’est le produit le plus chaleureux. Mes parents étaient assez précurseurs dans le développement des diffuseurs parce que c’était un produit qu’ils avaient connu aux États-Unis, ça se développait là-bas, mais pas en France. Très rapidement, ils ont voulu développer ce système avec les rotins… Après, le diffuseur reste un objet très pratique, car il n’y a pas de logistique d’allumage, on ne peut pas l’oublier. On en consomme beaucoup, mais je pense que dans notre cœur, on peut dire que c’est la bougie qui est le produit phare depuis longtemps.

La Bretagne notre plus grand Amour, quel serait son parfum ?

La Bretagne, spontanément, on va imaginer un parfum marin, iodé… Après je dirai que c’est l’évidence le côté parfum lié à la mer mais ce n’est pas une matière première brute en tant que telle, c’est forcément une création ou on se dit “ça sent la mer”. Après en matière première brute, je dirais que le parfum de la Bretagne pourrait être le mimosa, car c’est une région ou on en trouve beaucoup. Ça peut aussi être l’immortelle, mais là, c’est un peu plus localisé sur la partie de Quiberon dans les dunes. Mais je reste sur le mimosa, car on en trouve beaucoup en Bretagne, et ce que j’aime bien, c’est que c’est une fleur d’hiver et c’est aussi un moment où c’est super agréable d’être au bord de la mer lors d’une belle journée, avec les petites fleurs jaunes, c’est presque plus appréciable à ce moment-là que l’été quand il y a du monde… Je trouve que la Bretagne est encore plus belle en hiver.

Savez-vous quel est le parfum Geodesis emblématique des boutiques trinity ?

Je dirais le fir balsam et le figuier, je pense que selon les saisons, vous êtes plutôt figuier en été et fir balsam en hiver ?

Mais le figuier reste tout de même votre number one.

Un mot de fin ?

Tout d’abord merci pour cette interview ! Et merci pour le travail et tout le soin qui est apporté à la présentation de nos produits, à votre fidélité aussi, c’est grâce à tous ces clients fidèles que la marque existe depuis tant d’années. Trinity, c’est vraiment un de nos plus beaux clients, et c’est vraiment un plaisir de travailler avec vous donc merci !

trinity
mode & maison
AURAY - SARZEAU - ARZON

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